Dans ce test
- 2 000 €, c’est pas son vrai prix
- La pliure commence à se voir, et l’IP48 laisse entrer la poussière
- Un format excellent pour se divertir, un peu gâché par la caméra et le son
- One UI au top, certaines applis pas encore
- Fermé, parfait dans la poche, moins en main
- La charge est enfin correcte, mais la batterie fond en jeu
- Un rendu photo de milieu de gamme, flou en basse lumière
- En vidéo, juste correct, sauf pour vloguer
Alors, c’est un mauvais téléphone ? · En appel
1. 2 000 €, c’est pas son vrai prix
Le Fold 8 est affiché à partir de 1 999 €, et quasiment personne ne l’a payé ce prix-là, en tout cas je l’espère. Au lancement, les codes promo, les remises et les bonus de reprise arrivaient de partout, au point que j’ai passé trois précommandes, parce qu’à chaque fois je trouvais mieux.

La première, sur le store Samsung, me revenait à 1 080 € avec la reprise de mon Fold 7. Puis j’ai trouvé chez Boulanger 1 400 € moins 580 € de reprise, soit 820 €, avec des écouteurs et une coque, mais en 256 Go. Puis Samsung m’a renvoyé un code, et le 512 Go passait à 1 124,25 €, avec une reprise de 681 €, soit 443 €. J’ai encore vu passer un code qui ajoutait des Buds 4 Pro et une coque, mais là j’avais la flemme de recommander et de repousser encore la livraison.
Et ça s’arrête pas là. Samsung a contrôlé mon Fold 7, a trouvé une petite rayure sur l’écran de devant et a baissé la reprise de 681 € à 516 €. J’avais le choix entre récupérer mon téléphone ou accepter, j’ai accepté. Au final, je l’ai payé 608,25 €.
Bien sûr que je suis content de payer moins cher. Ce qui m’agace, c’est ce côté toujours en promo, parce qu’avec des codes dans tous les sens, on sait jamais si on a fait une bonne affaire ou s’il y avait mieux ailleurs. Pour moi, Samsung aurait dû le vendre 1 400 €, avec le pack d’accessoires de précommande et une reprise pour ceux qui veulent. Ça suffisait largement.
▶ Mes trois précommandes et la reprise, dans la vidéo
2. La pliure commence à se voir, et l’IP48 laisse entrer la poussière
Après un mois, selon comment la lumière tombe, je commence à voir la pliure, alors qu’au début on la voyait pas du tout. C’était pourtant un gros argument de Samsung cette année, avec sa nouvelle dalle Flex Titanium, un film en alliage de titane et une plaque de titane sous l’écran pour rigidifier l’ensemble et réduire la pliure. Et c’est vrai qu’à l’achat, ça marche. Sauf que sur mon Fold 7 aussi, la pliure était presque invisible au début, et au bout d’un an, elle était bien marquée.

Rien ne dit que celle du Fold 8 ira aussi loin. Samsung n’a jamais promis qu’elle disparaîtrait, seulement qu’elle serait moins visible, et c’est le cas. Il faut juste pas confondre « moins visible » et « problème réglé ». La charnière, elle, a l’air beaucoup mieux.
Et la fragilité s’arrête pas à l’écran, parce qu’il est certifié IP48. Tout le monde retient le 8, qui veut dire qu’il résiste à l’immersion. Mais le 4 compte autant, parce qu’il le protège seulement contre les corps solides de plus d’un millimètre, donc pas contre la poussière. Le sable de la plage, la poussière d’un chantier ou les miettes au fond d’une poche peuvent entrer dans la charnière, juste sous un écran souple qui se plie plusieurs fois par jour. Emmener son pliable à la plage en 2026, pour moi c’est toujours non. Je prends d’ailleurs toujours une assurance sur un pliable. Et je vous encourage à passer un petit coup de soufflette de temps en temps, ça peut pas faire de mal.
▶ La pliure de mon Fold 7 après un an, dans la vidéo
3. Un format excellent pour se divertir, un peu gâché par la caméra et le son
Samsung vend surtout ce téléphone pour se divertir, naviguer, regarder des vidéos et jouer. Sur ce nouveau format plus large, l’expérience est excellente. Les vidéos remplissent beaucoup mieux l’écran que sur mon Fold 7, où le sens dans lequel on tenait l’écran ouvert changeait pas grand-chose. Là, on a un vrai portrait quand il est plié et un vrai paysage quand il est ouvert.

Sauf que deux choses gâchent un petit peu l’expérience. La première, c’est le trou de la caméra frontale sur l’écran intérieur. Je demandais pas une caméra sous l’écran comme sur le Fold 6, mais ils auraient pu la mettre dans un coin. La deuxième m’agace beaucoup plus, c’est le son. Une fois ouvert, il a pas de son stéréo, parce que les deux haut-parleurs se retrouvent du même côté. Vu la finesse du téléphone, ça se comprend. Pour une vidéo YouTube ou un live Twitch, ça passe, mais pour une série, je vous conseille plutôt des écouteurs ou un casque.
▶ L’écran du Fold 8 face à celui du Fold 7, dans la vidéo
4. One UI au top, certaines applis pas encore
Ce problème-là n’est pas que la faute de Samsung. One UI sur un pliable est excellent, on sent que Samsung fait ça depuis longtemps, et le multitâche comme la continuité entre l’écran extérieur et l’écran intérieur marchent très bien. Je suis toujours pas fan des applis en double entre Samsung et Google, et pour ça, vive les Google Pixel.

Le souci vient du rendu de certaines applis. Sur Twitch, écran ouvert en portrait, c’est top, avec le live en haut et le chat en dessous. Mais en paysage, le chat passe à droite au lieu de garder cette disposition. Sur Instagram, que Samsung annonce pourtant optimisé, les réels sont coupés en haut et en bas dans le fil. Une fois l’écran ouvert, par contre, les likes et les boutons sortent de la vidéo et la masquent plus, et ça c’est chouette. Et une appli plus confidentielle comme Tractive, que j’utilise pour savoir où sont mes chats, n’est pas optimisée en paysage. On peut forcer le plein écran, mais il reste du boulot côté développeurs. Ça va venir.
▶ Twitch, Instagram et Tractive sur le Fold 8, dans la vidéo
5. Fermé, parfait dans la poche, moins en main
Celui-là est très personnel, j’ai pas vu grand monde s’en plaindre. Fermé, le Fold 8 est plus large et plus court. Dans la poche, c’est super, parce que l’été en short, un grand téléphone a vite fait de sortir de la poche, et avec celui-ci aucun souci. Il tient aussi très bien sur mon support de vélo. En main, c’est autre chose. Je pense que je préfère encore le format allongé d’autres pliables, que je tiens mieux et sur lequel je tape plus facilement à une main, alors qu’avec le Fold 8 je me retrouve vite à écrire à deux mains. C’est peut-être l’habitude après un an sur un format plus long, mais il y a quelque chose qui me dérange.

Du coup, je l’utilise très peu fermé. Il est ouvert 80 % du temps, et fermé, c’est pour téléphoner, répondre à un SMS ou regarder mes notifications, comme je faisais avec les Samsung Flip. Finalement, c’est peut-être pas un si gros défaut. Un téléphone moins agréable fermé, c’est un téléphone sur lequel je scrolle moins bêtement. Pour scroller confortablement, il faut l’ouvrir, et ce geste en plus me pousse plus souvent à le reposer pour travailler ou faire quelque chose d’intéressant. Je me perds beaucoup moins sur les réseaux.
▶ Le Fold 8 fermé, dans la poche et en main, dans la vidéo
6. La charge est enfin correcte, mais la batterie fond en jeu
Je commence par la bonne nouvelle, la recharge est enfin correcte. On passe de 25 W sur le Fold 7 à 45 W, et 20 W sans fil. C’est officiellement le premier pliable Samsung que je vais pas attaquer sur la charge. La batterie passe aussi à 4 800 mAh grâce à une technologie silicium-carbone, et en usage normal, je tiens une journée sans problème.
Le problème vient de sa plus grande qualité. Avec ce grand écran, c’est un super téléphone pour jouer, que ce soit en jeux natifs ou sur émulateur, et j’y ai passé beaucoup de temps. Je suis par exemple en train de refaire Pokémon HeartGold sur un émulateur DS. Sauf qu’en jeu, la batterie fond très vite, et il y a une raison technique. Sur un haut de gamme classique, une chambre à vapeur refroidit le téléphone. Samsung l’a abandonnée sur les Fold depuis le Fold 7 pour gagner cette finesse, qui est exceptionnelle, et il reste seulement des feuilles de graphite, plus fines mais moins efficaces. En jeu, ça chauffe autour du bloc photo, et un téléphone qui chauffe consomme davantage.

▶ La charge, l’autonomie et le jeu, dans la vidéo
7. Un rendu photo de milieu de gamme, flou en basse lumière
Pour un téléphone de ce prix, la photo est loin du haut niveau. À l’arrière, on a un capteur principal de 50 millions de pixels et un ultra grand-angle de 50 millions de pixels. Je comprends qu’un téléobjectif prenne de la place, même si mon Fold 7 en avait un. Recadrer dans le capteur principal, c’est pas terrible, j’ai essayé sur l’éclipse et c’était pas foufou. C’était mieux avec le téléobjectif du Fold 7, et encore mieux avec un Xiaomi 17 Ultra, qui n’a pas à se plier et peut donc embarquer un très bon téléobjectif.

Non, le problème, c’est que le capteur principal (x1) et l’ultra grand-angle (x0,6) ont un rendu quand même bof, digne d’un Samsung milieu de gamme. Quand la lumière est bonne, c’est loin d’être moche, mais c’est loin du haut de gamme actuel, et même un milieu de gamme de l’an dernier comme le Xiaomi 15T Pro fait largement mieux. En basse lumière, c’est pire. Le temps de pose est très long, alors n’espérez pas photographier un enfant ou un animal sans flou. Et je veux pas lui trouver d’excuses, parce que des pliables qui font de belles photos, ça existe. Le Huawei Mate X7 et le Motorola Razr Fold en font de très belles.
▶ Les photos du Fold 8 face au Xiaomi 17 Ultra, dans la vidéo
8. En vidéo, juste correct, sauf pour vloguer
En vidéo, c’est un petit peu le même combat qu’en photo, même si ça se voit moins. Samsung maîtrise extrêmement bien la stabilisation. Évitez juste le mode Super stabilité. Il est impressionnant, on peut tourner le téléphone n’importe comment et l’image reste stable, mais il force le passage sur le capteur x0,6 puis zoome dedans, et la qualité est vraiment dégradée.

Pour le reste, l’image est juste correcte. La dynamique est pas folle, donc avec un ciel très lumineux et une zone à l’ombre devant vous, vous verrez soit le ciel, soit l’ombre. Le rendu fait très smartphone, et il faut s’approcher très près d’un objet pour avoir un peu de flou d’arrière-plan.
Là où il est trop bien, comme tous les pliables, c’est pour vloguer. Je me filme avec le capteur principal, donc avec la meilleure qualité possible, tout en ayant un grand retour d’image juste devant moi. Il faut juste penser à parler vers l’objectif plutôt que vers l’écran, pour que ce soit plus naturel à regarder.
▶ Un passage de vlog filmé au Fold 8, dans la vidéo
Alors, c’est un mauvais téléphone ? Non
Si vous avez lu jusqu’ici, vous devez penser que je déteste ce téléphone. C’est pas le cas. Ouvert, c’est le meilleur format que j’ai utilisé, bien mieux que les pliables qui sont carrés une fois ouverts. Cet espace en plus par rapport à un smartphone classique, c’est trop bien pour regarder un film, lire ou jouer, et pour un émulateur DS, c’est parfait. D’ailleurs, le temps que j’ai gagné à moins me perdre sur les réseaux, je crois que je l’ai perdu à jouer à Pokémon.

Je m’en sers aussi pour travailler. Relire mes scripts dans Notion le matin avec un café, sur l’écran intérieur, c’est juste trop bien. Et encore une fois, One UI sur un pliable, personne ne fait mieux aujourd’hui. C’est un très bon téléphone pour consulter du contenu et se divertir, et je pense sincèrement que tous les constructeurs vont venir à ce format. Le problème, c’est pas le produit, c’est juste son prix.
▶ Le Fold 8 ouvert, pour lire et travailler, dans la vidéo
En appel
J’ai fait mon test habituel, en environnement calme puis avec un très gros bruit de ville sur les enceintes du studio. Le Fold 8 fait un bon boulot pour supprimer le bruit, avec en contrepartie une voix un peu plus robotisée.
▶ Écouter les deux enregistrements dans la vidéo
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