Dans ce test
- Le concept, la pub contre la vraie vie
- Le tour du produit, et un prix de plus en plus incompréhensible
- Promesse 1, l’accompagnement : en gros, une liste à cocher
- Promesse 2, le trail : très bien fait, mais sans carte topographique
- Promesse 3, le vélo : pointu sur le papier, pas forcément le plus utile
- Promesse 4, la plongée : pour l’instant, juste un chronomètre
- Promesse 5, Android : un produit bridé sans téléphone Samsung
- Ce qui est vraiment ultra, une excellente montre connectée
Le concept, la pub contre la vraie vie
Samsung décrit sa nouvelle montre comme le sport extrême signé Samsung, et sa page produit parle de la Galaxy Watch ultime pour repousser vos limites. Tout ça pour 749 €. Enfin, pas vraiment, on en reparle plus bas.

Pour ce test, j’ai choisi un petit format pub contre vraie vie. D’un côté, ce que promet Samsung, de l’autre, ce que ça donne quand on l’a au poignet, dehors, pour faire du sport. J’ai listé les cinq promesses que la marque met le plus en avant, les cinq trucs qui, pour elle, justifieraient le mot ultra. Elles portent surtout sur le sport, et autant vous le dire tout de suite, Samsung s’est planté. Ensuite, je regarde ce qui, pour moi, mérite le mot ultra, et pourquoi elle a quand même sa place.
▶ Les cinq promesses de Samsung, annoncées dans la vidéo
Le tour du produit, et un prix de plus en plus incompréhensible
Elle existe en un seul format de 47 mm, avec un boîtier en titane de grade 4 et du verre saphir. Elle garde cette forme devenue un peu la signature de Samsung, un cadran rond dans un boîtier plus carré. Elle est plus fine que la génération précédente, avec 12 % d’épaisseur en moins, à 10,7 mm. Selon la marque, le bracelet a été complètement repensé. Il est plus léger, mais ça reste du silicone, et moi, je préfère le tissu, parce que le silicone me gratte des fois. Celui-là fait quand même partie des bons.

L’écran AMOLED de 1,52 pouce monte à 5 000 nits, donc peu importe les conditions de lumière, on y verra toujours. À l’intérieur, on a un processeur Snapdragon Wear Elite gravé en 3 nm, 2 Go de RAM et 64 Go de stockage. Elle tourne sous Wear OS 7 avec One UI Watch, la surcouche de Samsung, et elle a le Bluetooth 6.0, le Wi-Fi, le NFC, l’eSIM et un GPS double fréquence (L1 et L5).
La batterie fait 800 mAh, 35 % de plus, et heureusement, parce que c’était le gros point faible que j’avais remarqué sur la génération précédente. Samsung annonce 60 h avec l’écran toujours allumé, 80 h sans, 20 h avec la navigation GPS et 16 h en navigation GPX. Côté résistance, je prends ma respiration. Elle a la certification 10 ATM, la norme IP69K, la norme militaire MIL-STD-810H et la certification EN 13319, celle des instruments de plongée. Il y a aussi une sirène de secours de 86 dB, qui serait audible jusqu’à 180 m.
Reste le prix. Comme pour les mobiles, la politique tarifaire de Samsung est de plus en plus incompréhensible, avec des promos dans tous les sens dès le lancement. Au moment de la vidéo, le site de Samsung faisait 100 € de remise avec un code promo, plus 75 € en payant par PayPal, soit environ 575 €. Pour ce test, je suis donc parti du principe que je testais une montre à environ 600 €, et pas 750.
▶ Le tour de la montre, du titane à la sirène de secours, dans la vidéo
Promesse 1, l’accompagnement : en gros, une liste à cocher
Le premier truc que Samsung nous promet, c’est de l’accompagnement. Cherchez le mot coach dans la page produit, il apparaît 19 fois, du coach running aux coachs experts. Avec autant de coachs, on s’attend à être très bien accompagné. Malheureusement, la réalité est un petit peu différente.

Prenons le coach running. Après un test de 12 minutes, l’application vous donne un niveau, puis une suite de missions pour passer au niveau suivant. C’est varié côté course, avec par exemple un jogging de 10 km, du fractionné en montée, de la course d’accélération et une course lente sur longue distance. Mais c’est juste une suite d’exercices, en gros une liste à cocher, et peu importe si on fait bien l’exercice ou pas, tant qu’on le fait c’est validé. Pour une montre qui sait tout de nous, le sommeil comme la forme du moment, je trouve ça dommage de pas avoir des entraînements personnalisés selon la forme du jour. Google, Huawei et Garmin arrivent tous à proposer un programme sur mesure.
L’application propose pas non plus de renforcement musculaire, et c’est clairement ce qui m’a manqué sur mon premier marathon. Samsung met bien en avant un partenariat avec iFit, avec deux mois offerts à aller chercher dans l’onglet promotion, sans même devoir mettre un moyen de paiement. Cet abonnement vaut seulement dans Samsung Health. Si vous vous connectez à l’application iFit avec ce compte, elle vous demande de payer 42 € en plus. Les exercices sont en anglais, heureusement sous-titrés en français, il y a qu’un seul programme complet, et on peut même pas trier selon ce qu’on a à la maison. Moi, j’ai que quelques haltères et un tapis.
Ce qui est bien, par contre, c’est que les données mesurées par la montre s’affichent à côté de l’exercice. Pendant la séance, je vois sur mon téléphone mon rythme cardiaque et le temps d’exercice. Gardez ça en tête pour la promesse 3.
Bref, je suis déçu par l’accompagnement, et je préfère vous conseiller de pas payer en plus et de vous en tenir aux vidéos YouTube proposées dans Samsung Health.
▶ L’accompagnement, du coach running à la séance iFit, dans la vidéo
Promesse 2, le trail : très bien fait, mais sans carte topographique
Je pense que c’est sur le trail que Samsung a beaucoup communiqué, et c’est ce qui justifierait un peu le mot ultra. Ce sont souvent de longues distances, donc il faut de l’autonomie. On peut pas encore faire une épreuve de 24 heures avec le suivi GPS tout du long. Mais pour des épreuves relativement longues, même si vous êtes un peu long sur un marathon, vous aurez pas de souci de batterie.

La montre accepte aussi les traces GPX, donc on peut lui donner un parcours à suivre, et ça, c’est très bien. Le problème, c’est le fond de carte, celui de Google Maps. Le trail, on le fait plutôt à la campagne, comme moi, ou à la montagne, où le dénivelé est hyper important. Or sur le fond de carte de Google, il y a pas les lignes de dénivelé, donc pas de tracé topographique. Ça la rend, je trouve, moins adaptée à ce sport qu’une Garmin ou une Suunto, qui ont de beaux fonds de carte topographiques.
La bonne nouvelle, c’est qu’on est dans le monde Wear OS, avec le Google Play Store et plein d’applications. Moi, j’aime bien AllTrails, avec les traces et les fonds de carte qu’il faut pour la randonnée ou le trail. Mais on est vite poussé à prendre l’abonnement pour avoir les cartes hors ligne, parce qu’à la montagne, on capte pas toujours bien. Ça rajoute autour de 24 € par an, alors que la montre coûte déjà cher, et qu’avec une Garmin, on en a pas besoin.
Parce que sinon, le mode trail de Samsung est très bien fait. Les données sont excellentes, c’est lisible, c’est précis. Sur un trail officiel, avec un parcours bien défini, ça me dérangerait pas d’utiliser sa carte, mais sur un parcours que je fais tout seul, je préfère AllTrails.
Il manque aussi une fonction que j’aime beaucoup sur les Garmin, la lampe torche. Sur une montre dite ultra, je trouve qu’il en faut une maintenant, et Garmin arrive à en mettre sur des montres beaucoup plus petites.
▶ La montre en trail, de la carte Google Maps à AllTrails, dans la vidéo
Promesse 3, le vélo : pointu sur le papier, pas forcément le plus utile
Pour le vélo, je trouve que Samsung a bien revu sa copie. La montre est la seule à se connecter directement à des équipements de vélo, comme un capteur de puissance, sans passer par le téléphone. Elle est même capable de calculer ta FTP, et sur le papier, c’est pointu.

Mais c’est pas forcément la fonction la plus utile. Un capteur de puissance, c’est pas du tout le premier équipement qu’on achète pour un vélo. Moi, j’en ai pas, alors que j’ai déjà acheté un compteur. La FTP, ça fait très joli sur la fiche technique, mais ceux qui en ont besoin sont généralement déjà équipés.
Il aurait mieux fallu faire comme Huawei, et envoyer tout ce que mesure la montre directement sur le téléphone. Même avec mon parcours chargé, j’ai pas passé mon temps à regarder la montre. C’est beaucoup trop dangereux, et c’est pas du tout un bon moyen de suivre un parcours. Le plus rageant, c’est que Samsung sait le faire, puisque pendant la séance iFit, les données de la montre s’affichaient en direct sur mon téléphone. Ils l’ont fait pour le fitness, avec une application tierce en plus, mais pas pour le vélo.
Pour le reste, c’est très bien, que ce soit la trace GPS, la lisibilité du parcours, la vitesse ou le cardio. Le cardio à vélo, c’est pas toujours bon sur les montres, et celle-là y arrive très bien. Il manque pas grand-chose, mais Samsung s’est concentré sur des fonctions qui, pour moi, servent à rien sur ce type de produit. Du coup, on va plutôt l’utiliser comme simple enregistreur. On lance l’activité en partant, on roule sans trop la regarder, et après, on regarde ce qu’on a fait dans l’application.
▶ Une sortie à vélo, la montre au poignet et le téléphone au guidon, dans la vidéo
Promesse 4, la plongée : pour l’instant, juste un chronomètre
La plongée, c’est le gros argument que Samsung a montré à l’annonce du produit. La montre arrive avec la norme EN 13319, une vraie norme de plongée. Samsung a aussi annoncé un partenariat avec Mares, un fabricant d’instruments de plongée, pour un mode plongée spécifique à cette montre.

C’est pour ça que je trouvais très marrant de tourner ça dans une petite piscine. Au moment du tournage, cette application existe pas, et quand elle arrivera, elle sera payante. Le mode gratuit se limitera au timer de base. Le snorkeling, palmes, masque et tuba, coûtera autour de 3 dollars par mois. Le mode plongée, avec la gestion de l’air, le nitrox, le multigaz et l’algorithme de décompression, montera à 8 dollars par mois, ou une soixantaine de dollars par an.
Sur ce segment, Huawei fait beaucoup mieux. La Watch Ultimate 2, que j’avais testée, est certes un peu plus chère, mais elle arrive déjà avec un mode plongée complet et sans surcoût, et elle va plus profond. L’Ultra 2 est limitée à 40 m. Pour la plongée de loisir, c’est déjà très bien, mais pour une montre de plongée vendue comme ultra, c’est peut-être pas assez.
En l’état, le mode plongée, c’est juste un chronomètre, un comptage de calories, la fréquence cardiaque et c’est tout. J’ai même pas la température de l’eau, ni la profondeur où je suis allé. Je comprends même pas comment on peut appeler ça un mode plongée. Sur la GT 7 Pro, qui coûte pourtant moins cher que l’Ultra 2, Huawei affiche la profondeur, la profondeur maximale atteinte, la température et le temps sous l’eau.
Pour l’instant, c’est clairement pas une montre de plongée. Elle le sera sûrement quand l’application de Mares sera arrivée, mais ce sera payant en plus, et c’est dommage de la vendre comme ça.
▶ Le mode plongée sous l’eau, face à celui de Huawei, dans la vidéo
Promesse 5, Android : un produit bridé sans téléphone Samsung
La cinquième promesse est écrite en tout petit, en bas de la page produit, et j’aimerais la mettre un peu plus en valeur. La montre nécessite un smartphone Android compatible, Android 13 ou plus. Autrement dit, sur iPhone, elle est pas compatible, ce qui est normal pour une montre sous Wear OS, l’Android des montres.

Avec mon Fold 8, ça fonctionne nickel. Mais avec un Pixel 11 Pro, je perds plein de fonctions de santé. Plus d’ECG, alors que le capteur est toujours dans la montre, plus de tension artérielle, ni de détection de la fibrillation auriculaire ou de l’apnée du sommeil. Ces mesures passent par l’application Samsung Health Monitor, disponible seulement sur le Galaxy Store, qui existe que sur les téléphones Samsung.
Et c’est même pas un problème technique. L’application fonctionnerait très bien ailleurs, et d’ailleurs, en bidouillant un petit peu, on arrive à l’installer sur d’autres produits, ce qui débloque ces fonctions. C’est vraiment un choix de Samsung de brider son produit si on l’utilise avec un autre téléphone que ceux de la marque.
D’autres pertes me paraissent plus justifiables, parce qu’elles dépendent de One UI, la surcouche de Samsung, sur le téléphone comme sur la montre. On perd le déclencheur d’appareil photo, Samsung Wallet (pas de souci, il y a Google Wallet, que je préfère d’ailleurs), les réponses rapides contextuelles aux messages et la synchronisation des modes et des routines. Avec un Samsung, le mode nuit activé sur la montre s’active aussi sur le téléphone, pas avec un autre Android. La liste est longue, et j’aurais du mal à vous conseiller cette montre si votre téléphone est pas un Samsung.
▶ La compatibilité Android et les fonctions perdues avec un Pixel 11 Pro, dans la vidéo
Ce qui est vraiment ultra, une excellente montre connectée
Ça fait beaucoup de défauts, mais c’est pas pour autant que je vais la mettre à la poubelle. Il y a des fonctions où, pour moi, le mot ultra est carrément mérité, et le problème, c’est que Samsung en parle presque pas.

Le matériel, d’abord. Ça fait un mois que je l’ai, j’y ai pas du tout fait attention, et il y a aucune rayure, merci le titane et le verre saphir. Je la trouve aussi assez confortable, même si elle est grosse et épaisse. La Galaxy Watch Ultra de première génération, j’avais pas du tout aimé, celle-là, ça passe. Et l’écran est super lumineux.
L’autonomie est beaucoup mieux que sur la génération précédente. Mais j’irai pas jusqu’à vous dire que je fais deux jours et demi avec l’écran toujours allumé et une séance de sport par jour, d’une demi-heure à une heure. Je fais les deux jours, et c’est déjà pas mal pour une montre très connectée. Sans sport, je pense que je ferais trois jours à l’aise. On est très loin d’une Garmin, et encore plus d’une montre Huawei, mais dans le monde Wear OS, c’est très très bien. Et même si la charge, que Samsung dit rapide, est pas non plus délirante, en la chargeant seulement 10 minutes par jour pendant ma douche, je tiens plus d’une semaine.
C’est aussi une montre très fluide. Mais son plus gros point fort, c’est d’être une excellente montre connectée au sens propre du terme. C’est là qu’elle tire son épingle du jeu face à Garmin et Huawei. Il y a un vrai magasin d’applications, le Play Store, avec les vraies applications, WhatsApp, Spotify, Strava, ta banque, les transports ou la domotique, et là-dessus, il y a pas photo. Le paiement au poignet fonctionne, avec le service de Samsung comme avec celui de Google. Avec l’eSIM, on peut partir sans son téléphone et rester joignable. Les 64 Go de stockage permettent de mettre ses playlists préférées hors ligne. Et Gemini, c’est hyper pratique de l’avoir au poignet.
Une fois qu’on a vu tout ça, on se rend compte que la montre est totalement déséquilibrée. La connectivité est ultra. La santé est ultra avec le bon téléphone, et devient un peu limitée, voire carrément médiocre, sans téléphone Samsung. Et côté sport, il y a du bon matériel dedans, tout ce qu’il faut pour en faire une montre sportive, mais le logiciel et les usages suivent pas. Ça peut s’améliorer si Samsung sort de nouvelles fonctions dans les prochains mois. Mais au moment où je tourne, le 23 août 2026, la montre est pas ultra au niveau sport.
▶ Le Play Store, le paiement et Gemini au poignet, dans la vidéo
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